Un hiver de neige et le voleur

Hiver de neige et le voleur

Ce matin, me levant très tôt, je découvre un petit cadeau de l’hiver québécois. Ma porte ne s’ouvre plus. Je regarde par la fenêtre et voilà, ça me saute aux yeux : ma porte d’entrée est obstruée par un mur de neige. Je regarde encore. Toute l’entrée est couverte d’une couche de neige haute de deux pieds. Le capot de ma voiture est à peine visible.

– Chiat! Quelle journée de chien! Je me dis. Comment J’vais faire?

Mon patron m’attend pour neuf heures, je dois faire une présentation à cet américain plein aux as. Je ne peux pas manquer ce rendez-vous, sinon…

Mon petit déjeuner vite avalé, je me glisse dans un vieux manteau et enfile des gants épais, expressément conçus pour ceux qui n’ont pas de souffleuse à neige au Québec. Puis, je prends une pelle, une vraie, une longue et large, pesant presqu’une tonne, on dirait.

– Cette neige saura qui est le plus fort : Elle ou moi. Je marmonne.

Je sors par la porte arrière, celle qui n’est pas exposée aux vents et tempêtes du nord. Le temps de faire le tour et d’arriver en avant, en moins de deux, j’attaque l’ennemi par en arrière. La première pelletée est comme toujours très pénible. Après une bonne heure, je décide de prendre une pause café bien méritée. À ce moment, je peux voir les pneus du côté conducteur et la porte d’entrée peut enfin s’ouvrir.

A peine arrivé à l’intérieur, le téléphone sonne. C’est mon patron. Il veut savoir si je suis en chemin.

– Est-ce que vous avez eu mon message? Ma voiture est prise sous la neige. Je vais être un peu en retard. Est-ce que notre client est déjà arrivé malgré la tempête?

– Il est arrivé depuis plusieurs minutes. C’est très important, prends un taxi.

Il faut obéir au patron. Donc, la douche de 5 minutes et vite je plonge dans un taxi.

Le soir, lorsque j’arrive chez moi. La neige est encore là, mais pas ma voiture ni ma pelle. Et pire encore, en entrant je m’aperçois que je n’ai plus de téléviseur ni d’ordinateur. L’amplificateur non plus n’est plus là. Paniqué, je cours prendre le téléphone pour appeler la police. Il n’est plus là.

À l’aide de mon cellulaire, je contacte enfin le 911. Et, attendant les policiers, je réfléchis au fil des événements, l’un après l’autre, je revois mes pensées et actions.

Je comprends finalement. Dans ma hâte, j’avais oublié d’armer le système d’alarme et avais laissé la porte arrière grande ouverte. Mes clefs de voiture étaient accrochées à ma boite aux lettres : je les avais mises là pour pouvoir démarrer la voiture une fois que celle serait complètement dégagée. De toute évidence, le voleur avait dégagée la voiture et l’avait remplie d’objets avant de s’en fuir.

– Belle histoire! Je me dis.
– Est-ce que mon assureur va me croire? Je me questionne.
– Est-ce que vous me croyez? Je vous le demande.
– Est-ce que cette histoire vous paraît plausible? Je vous le redemande.
– Que dois-je faire?

À suivre.

(c) Renaud Olistin, tous droits réservés.

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